Prenant la parole à cette occasion, le Maire de Cotonou a défendu une vision renouvelée du multilatéralisme, fondée sur le rôle croissant des collectivités territoriales dans la gestion des crises et la mise en œuvre des politiques publiques. Selon lui, si les causes des grandes crises actuelles sont souvent mondiales, leurs conséquences se manifestent avant tout à l’échelle locale. Les effets du changement climatique, les tensions géopolitiques, les mouvements migratoires ou encore les difficultés économiques se traduisent directement dans les quartiers, les villes et les territoires. Dans ce contexte, les collectivités locales apparaissent comme les premières institutions vers lesquelles se tournent les citoyens pour obtenir des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes.
Face à cette réalité, Luc GNACADJA a plaidé pour une évolution profonde des mécanismes traditionnels de coopération. Pour l’édile de Cotonou, il ne s’agit plus seulement de financer des projets ou de transférer des modèles de développement. La coopération internationale doit désormais favoriser la transformation des systèmes, la co-construction des solutions et le renforcement durable des capacités locales. Cette approche repose sur une logique de partenariat équilibré où les collectivités ne sont plus considérées comme de simples bénéficiaires de l’aide internationale, mais comme de véritables acteurs capables de définir leurs priorités, de mobiliser les ressources locales et de transformer les investissements en résultats tangibles pour les populations.
Le Vice-président de l’AIMF a également mis en avant le potentiel d’innovation des villes africaines. Alors que le continent connaît l’une des croissances urbaines les plus rapides au monde, il estime que les métropoles africaines ne doivent plus être perçues uniquement comme des espaces d’expérimentation de politiques conçues ailleurs. Selon lui, elles constituent aujourd’hui de véritables laboratoires d’innovations en matière de résilience urbaine, de mobilité, d’économie circulaire, d’inclusion sociale et de gouvernance locale. Pour le Maire de Cotonou, ces expériences méritent d’être davantage valorisées, documentées et partagées afin d’enrichir les réponses apportées aux défis du développement durable. Au-delà des questions de coopération, l’intervention de Luc GNACADJA a mis en lumière la place grandissante des territoires dans les équilibres internationaux. S’inspirant d’un proverbe africain selon lequel « lorsque les toiles d’araignée s’unissent, elles peuvent ligoter un lion », il a souligné l’importance de l’action collective des villes face aux défis du XXIᵉ siècle. Dans sa vision, les collectivités locales ne sont plus seulement les destinataires des politiques multilatérales. Elles en deviennent progressivement des coproductrices, capables d’influencer les orientations de développement et de contribuer à la stabilité, à la résilience et à la prospérité des sociétés.
Les travaux de Namur auront ainsi permis de réaffirmer une conviction partagée par de nombreux élus locaux : l’avenir de la coopération internationale se construira de plus en plus à partir des villes, là où se vivent quotidiennement les défis et les aspirations des populations. À travers son engagement au sein de l’AIMF, Luc GNACADJA entend poursuivre la promotion d’une gouvernance locale innovante, ouverte sur le monde et résolument tournée vers le développement durable des territoires.
Léonel EBO